Tétra aveugle

Astyanax jordani
Astyanax jordani, Characin aveugle, Tétra aveugle

Classe : Actinopterygii
Ordre : Characiformes
Famille : Characidae
Genre : Astyanax
Espèce : jordani
Nom commun : Characin aveugle, Tétra aveugle
Taille : 8 cm
Origine géographique : Mexique
Rareté : Rare

Description de Astyanax jordani

L'origine du genre Astyanax est en rapport avec un personnage mythologique, le fils d'Hector, quant au nom d'espèce jordani, il est dédié à Basil C. Jordan. La classification taxonomique l'avait également rangé dans le genre Anoptichthys, c'est-à-dire littéralement : poisson sans yeux !!!

C'est au Mexique qu'on trouve ce poisson remarquable et surtout à : Cueva Chiva, Sierra de El Abra, province de San Luis Potosi (Mexique central) station type. Sotano de la Tinaja (population positivement phototropique) puis dans plusieurs autres stations de découverte récente.

Astyanax jordani reste de taille modeste jusqu'à 8 cm, les mâles sont plus minces.

Historique et position systématique :

En 1936, fut découverte la première population de Characidés aveugles et apigmentés dans la Cueva Chiva, grotte de la Sierra de El Abra, qui appartient au réseau hydrographique du Rio Tampaon. Ces poissons, décrits en 1936, furent considérés comme les représentants d'un genre et d'une espèce inédite : Anoptichthys jordani. En 1940, une mission de l'American Museum (New-York) se rend sur place, pour étudier les conditions de vie de ces animaux remarquables.

La grotte est parcourue par une rivière dont les eaux se jettent dans le Rio Tampaon tout proche. Le cours souterrain comporte une série de bassins réunis par des chenaux étroits qui peuvent être à sec en périodes de basses-eaux, ce qui isole les bassins entre eux. Quatre bassins sont plus importants que les autres, le plus éloigné de l'entrée (IV) étant en communication permanente avec le Rio par des fissures souterraines.

Dans le bassin II, d'où provenaient les premiers spécimens connus de Astyanax jordani, 85 % des poissons sont aveugles et conformes à la description originale, 6 % ont des yeux réduits et 9 % des yeux normaux ; dans le bassin n° IV, au contraire, 82 % ont des yeux normaux, 9 % des yeux un peu réduits et 9 % des yeux rudimentaires. Les spécimens oculés sont à peu près identiques à une espèce qui abonde dans le Rio et pénètre d'ailleurs dans le dernier bassin : Astyanax mexicanus Filippi ou Tetra mexicain.

La grande variabilité de cette forme cavernicole qui va d'individus complètement modifiés à des spécimens presque identiques à une espèce de surface, a donné à penser qu'il s'agissait d'une évolution toute récente et encore en cours à partir d'Astyanax mexicanus qui est, de toute évidence, la souche.

D'autres observations vinrent cependant modifier cette conception. On découvrit en effet des populations chez lesquelles les caractères sont bien stables, donc à l'état homozygote : Anoptichthys hubbsi Alvarez 1946 (Sabinôfish), dans trois grottes groupées à une quinzaine de km au nord de la Cueva Chica (Cueva de Los Sabinos) et dépendant du même système hydrographique ; Anoptichthys antrobius Alvarez 1946 (Pachonfish) de la Cueva del Pachon, à une cinquantaine de km plus au nord, dans la province de Tamaulipas et sur un autre système hydrographique, la frontière des deux provinces correspondant à la ligne de partage des eaux.

L'évolution des trois "espèces" (jordani, hubbsi, antrobius) se serait déroulée de façon convergente et aurait abouti aux types que nous connaissons dès le début du pléistocène. Ce n'est que secondairement, et seulement dans la Cueva Chica, que l'ancêtre épigé, Astyanax mexicanus, a retrouvé son dérivé cavernicole et a pu s'hybrider avec lui en l'absence de barrière génitale. Astyanax jordani représente ainsi une population hybride et non le départ d'une évolution vers la vie cavernicole. Celle-ci aurait peut-être lieu de nos jours dans la population de Micos Cave (Micofish), dans la Sierra de Colmena.

De très nombreux travaux (plus de 180) comportant notamment des élevages expérimentaux et l'obtention de toutes sortes d'hybrides pour l'étude génétique des Astyanax ont été publiés (voir S. Wiley et R.-W. Mitchell, Bull. Assoc. Mexican Cave Studies, 1971).

Description :

Forme identique à celle d'Astyanax mexicanus. La couleur chair est uniforme, avec un très vif éclat argenté; nageoires incolores ou légèrement rouges. Les jeunes ont une tache losangique sur le pédoncule caudal. Se pigmente davantage quand il est élevé à la lumière. Squelette céphalique profondément modifié chez l'adulte, en rapport avec la perte (apparente) des yeux. Les jeunes ont les yeux situés en surface et pigmentés ; au cours de la croissance, les yeux s'enfoncent à l'intérieur de la cavité orbitaire et sont recouverts par des couches tégumentaires épaisses. La croissance de l'oeil est très ralentie (allométrie minorante) et ses structures régressent. La partie dioptrique est atteinte la première : cristallin, comblement de la chambre antérieure, corps vitré et cavité oculaire. La rétine perd la couche de cônes et de bâtonnets, la couche ganglionnaire persistant plus longtemps. Le nerf optique subsiste, mais les lobes optiques sont régressés. Les muscles optiques voient leur développement arrêté. La sensibilité dermatoptique fait défaut (elle existe chez Chologaster, Amblyopsis, Caecobarbus). Les poissons présentent néanmoins des réactions phototropiques négatives (positives chez des spécimens du Sotano de la Tinaja, ce qui est paradoxal et unique chez un cavernicole) ; la lumière agit directement sur le diencéphale, au niveau de l'aire pinéale (transparente = phototropisme positif ; opaque = phototropisme négatif).

Le nombre des lamelles olfactives est réduit ; l'appareil auditif régressé. Les poissons réagissent aux vibrations (émises par leurs proies en particulier), grâce au système de la ligne latérale qui ne diffère pas de celui des poissons lucicoles. Des boutons gustatifs (neurogemmes) sont répartis sur tout le corps, très nombreux sur la tête.

Fiche de maintenance détaillée de Astyanax jordani

Qualité de l'eau :

Les facteurs édaphiques sont une eau légèrement alcaline et dure avec une température relativement fraîche de 18 à 25 °C.

Cohabitation et comportement :

Ces Poissons nagent sans arrêt et leur consommation totale en Oxygène est, de ce fait, plus élevé que celle des Astyanax épigés qui présentent de longues périodes d'immobilité. Plutôt solitaires (à l'inverse des Astyanax), ce qui fait penser que le comportement social se trouve sous la dépendance de la vue. Ignore les autres espèces dans un bac d'ensemble.

Alimentation et nourriture :

Accepte toute les nourritures, croissance rapide. N'est pas incommodé par la lumière !

Protocole d'élevage et reproduction Astyanax jordani :

Astyanax jordani est le seul poisson cavernicole qui se reproduise facilement en aquarium. Le préparer pendant une semaine en donnant de la nourriture vivante. Le fond de l'aquarium sera couvert de galets ou de billes de verre, entre lesquels les oeufs échapperont à la voracité des parents. Expulsent ovules et sperme près de la surface, les partenaires serrés l'un contre l'autre. Eclosion après 3-4 jours, nage libre vers le 6e jour. La première nourriture consistera en des infusoires, puis après 3-5 jours, des nauplies d'artemia.

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