Killi perle étoilé

Austrolebias nigripinnis
Austrolebias nigripinnis, Killi perle étoilé, Perle d'argentine aux nageoires noires
Classe : Actinopterygii
Ordre : Cyprinodontiformes
Famille : Rivulidae
Genre : Austrolebias
Espèce : nigripinnis
Nom commun : Killi perle étoilé, Perle d'argentine aux nageoires noires
Taille : 5 cm
Origine géographique : Argentine, Paraguay, Uruguay
Rareté : Rare

Description de Austrolebias nigripinnis

L'origine du type (un mâle de 45 mm) est du Rio de La Plata (Argentine), offert au British Museum (N.H.) par J. Paul Arnold. L'espèce se rencontre depuis Rosario de Santa Fé, sur le cours inférieur du Rio Parana, jusqu'aux environs de Buenos Aires, sur le Rio de La Plata, ainsi qu'en Uruguay. Importé pour la première fois en 1908 (et/ou 1911?) par la firme Wilhelm Eimeke, Hambourg.

Remeur (1981) suppose, sans commentaire, l'identité de Austrolebias nigripinnis avec Cynolebias porosus Steindachner, l'espèce-type du genre Cynolebias. Austrolebias alexandri Castello et Lopez 1974 est tenu quelquefois pour une sous\-espèce de nigripinnis (Regan, 1912).

Austrolebias nigripinnis habite les zones marécageuses des pampas qui s'assèchent en été durant une période très variable, comprise entre deux et vingt semaines. Les eaux sont peu profondes et la végétation est très dense, composée de plantes terrestres, semi-aquatiques et plus rarement aquatiques. Les arbres sont presque absents.
La qualité des eaux est très variable (pH souvent alcalin, dureté variable avec la saison, de 2 à 10 °F) et leur température oscille entre 4 et 35 °C.

La taille excède rarement 50 mm LT (très exceptionnellement 80 mm), la femelle étant légèrement plus petite.

Description :

Le corps est assez haut et comprimé latéralement, ce qui donne au Poisson un aspect plutôt court et trapu. La silhouette générale est toute en rondeurs, seuls les angles de la dorsale et de l'anale formant une petite pointe chez les adultes. Dorsale et anale sont symétriques et occupent plus de la moitié de la ligne du corps. La nageoire caudale est ronde et relativement importante par rapport à la taille du poisson. Les nageoires paires sont peu développées. La dorsale et l'anale du mâle comptent plus de rayons (D. 26-28, A. 25) que celles de la femelle (D. 18-20; A. 18-19) ; ce dimorphisme sexuel est exceptionnel chez les poissons (Regan 1912)
Le patron de coloration du mâle comprend une couleur de fond qui est généralement bleu-noir velouté, mais cette coloration peut varier en fonction des populations ; celles-ci ne sont pas encore bien répertoriées et un gros effort de prospection reste à faire. Le corps est constellé de points lumineux, bleu turquoise, bleu métallique ou blanc, et cette ponctuation a été comparée à un ciel étoilé. La position des points ne suit aucun ordre particulier chez certains individus, mais chez d'autres ils forment 7 ou 8 alignements qui rappellent les rayures transversales visibles chez d'autres espèces ; seule la tête est bleu uni. Les nageoires impaires sont également ponctuées. La nageoire dorsale présente une ligne presque continue de points lumineux qui forment un liséré très brillant.
La femelle présente un corps beige rosé. Certaines populations présentent une tache brun foncé au milieu du corps et une deuxième à l'extrémité du pédoncule caudal. Cette souche est généralement nommée Austrolebias affinis.

Fiche de maintenance détaillée de Austrolebias nigripinnis

Qualité de l'eau :

Les conditions de maintien de Austrolebias nigripinnis sont des plus aisées et tout amateur consciencieux peut mener à bien un élevage.
La température ambiante d'une salle d'élevage (17 à 25 °C) est suffisante (limites 15-30 °C) et l'éclairage peu important. Bien que de petite taille, Austrolebias nigripinnis a un caractère assez difficile et les mâles tolèrent rarement une cohabitation. Un trio sera maintenu dans un bac d'une dizaine de litres d'eau de conduite vieillie ou coupée à part égale avec de l'eau de pluie filtrée. Le fond sera recouvert d'une fine couche de tourbe pulpeuse et bouillie. Les plantes ne sont pas indispensables, mais une touffe de Mousse de Bogor permettra aux femelles de trouver un refuge lorsque le mâle devient trop pressant. Un récipient en plastique contenant trois ou quatre centimètres de tourbe pulpeuse servira de milieu de ponte.

Alimentation et nourriture :

Distribuer de la nourriture vivante (daphnies, tubifex, larves rouges de chironomes et larves de moustiques) pour obtenir les premiers oeufs.

Protocole d'élevage et reproduction Austrolebias nigripinnis :

Le mâle exécute d'abord une parade qui rappelle un peu le vol d'un papillon et entraîne la femelle au-dessus du récipient contenant la tourbe. Le couplé plonge alors la tête la première dans le substrat et y demeure quelques secondes. Leurs ébats font voltiger la tourbe et il convient donc de prévoir un récipient à bords assez hauts (deux à trois fois supérieurs à la couche de tourbe). Ce rite se répète deux ou trois fois par jour.
Toutes les deux ou trois semaines on siphonne la tourbe contenue dans la boîte de ponte et c'est également l'occasion de renouveler la moitié de l'eau du bac.
Cette tourbe est alors passée dans une passoire plastique à mailles fines, ce qui permet de vérifier la présence d'oeufs et d'éliminer une partie du substrat. Les oeufs et la tourbe conservés représentent un volume équivalent à trois cuillères à soupe.
Après égouttage, on dispose la tourbe dans un journal plié en deux pendant une douzaine d'heures environ. Lorsque la tourbe s'émiette entre les doigts, on peut alors la placer dans un sac plastique fermé en notant soigneusement la date de récolte. Tout est alors question de doigté. Si la tourbe est encore humide, le volume d'air contenu dans le sac doit être important, si la tourbe est presque sèche, celui-ci doit être réduit.
L'incubation commence alors et, selon certains auteurs, sa durée peut varier 2 à 6 mois.
Cette amplitude semble fonction de la température de stockage. En hiver, les oeufs demandent une vingtaine de semaines (salle d'élevage à 17-20 °C) ; en été, huit semaines suffisent (salle d'élevage à 20-25 °C) ; dans la nature, la durée d'incubation serait surtout fonction de la période de la ponte.
Lorsque le temps d'incubation est atteint, on place la tourbe dans une petit bac d'un litre environ. Après émiettage, on y verse 1 à 1,5 cm d'eau de conduite vieillie. L'éclosion des premiers alevins doit se produire dans l'heure qui suit ; passé ce délai, les oeufs doivent être considérés comme "non mûrs" et être remis en incubation une nouvelle fois pour trois ou quatre semaines.
Petites virgules noires, les alevins effectuent d'abord des sauts de puce dans le bac et cherchent à remplir leur vessie natatoire. Vingt-quatre heures plus tard, leur nage est libre et l'on peut distribuer infusoires et nauplies d'artémias. On augmente alors le niveau de l'eau et dès que les alevins auront atteint cinq bons millimètres, ils seront transférés dans un plus grand bac.
La croissance est rapide. La différenciation des sexes est difficile, car seul le mâle ou les mâles dominants présentent une coloration foncée. Selon Meinken, cependant, le sexe peut être reconnu dès 12-14 jours, le corps et les rayons des nageoires de la femelle étant plus clairs. A l'âge de trois mois nos Austrolebias nigripinnis sont aptes à la reproduction.
Malgré sa faible taille, le Killi perle étoilé est d'une grande beauté et mériterait une diffusion plus large chez les éleveurs.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×