Killi diamant

Adamas formosus
Adamas formosus, Killi diamant

Classe : Actinopterygii
Ordre : Cyprinodontiformes
Famille : Nothobranchiidae
Genre : Adamas
Espèce : formosus
Nom commun : Killi diamant
Taille : 3 cm
Origine géographique : Congo
Rareté : Très rare

Description de Adamas formosus

Le nom de genre, Adamas, signifie « diamant », allusion à l'éclat de la tache cordiforme frontale qui est unique dans la famille des Cyprinodontidés. Le nom d’espèce, formosus, ne précise pas un lieu d'origine géographique mais « beau », confirmant ainsi l'éclatante beauté de ce presque-Aphyosemion.

Origine et aquariologie :

Découvert assez récemment par Jean Huber (créateur de Killi Data), Adamas formosus aurait dû être connu depuis beaucoup plus longtemps, à l'instar du reste de la faune cyprinodonte de la cuvette congolaise. Les premières récoltes se sont limitées à une bande de 200 km du Nord (Ntokou) au Sud (Olombo), dans les bassins de la Likouala-Mossaka et de l'Alima, deux importants affluents de droite du Congo. Ensuite, Buytaert (1981) l'a pêché plus au sud, jusqu'à Brazzaville, précisément dans l'île fluviale de Mbamou. L'aire de répartition est probablement encore plus vaste, superposable à celle d'Aphyoplatys duboisi.

La photo présente un mâle Adamas formosus dont la provenance est Tchika Pika.

De taille très modeste, puisque le maximum pour le mâle atteint péniblement 30 mm, il reste discret. La femelle n’améliore pas ce point car elle demeure plus petite que le mâle ! Il s'agit, avec Fluviphylax pygmaeus (Myers & Carvalho, 1955), d'Amérique du Sud, et Oryzias minutillus (Smith, 1945), d'Asie, d'une des plus petites espèces de la famille (17,3 mm LS pour l'holotype).

Le genre Adamas est monotypique et a été créé en 1978 par Huber dans la sous\-famille des Rivulinés.


Description :

Petit poisson très élancé, aux nageoires dorsale et anale reculées et à l'oeil grand, brillant, proéminent. Le patron de coloration et l'allure générale font penser à un minuscule Aphyosemion : caudale trilobée, patron de la gorge en «bouclier», points rouges sur fond bleu. C'est ainsi que, peu après la description, des doutes sur l'intérêt d'une séparation au niveau générique se sont exprimés.

D'autres critères le rapprochent en revanche des Procatopodinés : oeil grand, mélanisme très prononcé, structure neuromastique imprécise, voire vestigiale, ainsi que la biologie et l'éthologie (voir plus loin). Malgré ces ressemblances, Parenti, à la suite d'une étude ostéologique, estime qu'Adamas devrait «être placé formellement dans les Rivulinés». Aujourd'hui, le genre Adamas est accepté.
La coloration des mâles vivants d'Adamas formosus est mieux connue, grâce aux nouvelles récoltes de Buytaert (1981). Elle est très variable, à l'intérieur d'une population, et entre populations. Sur les flancs bleu métallique s'inscrivent des points rouges en lignes régulières continues ou en séries régulières ou désordonnées. Parfois, il n'y a aucun point rouge ou encore, il n'y avait aucune coloration particulière : le poisson était «poivre et sel». La femelle est grisâtre, avec des points rouges plus ou moins nombreux. Une bande longitudinale temporaire foncée, apparaît sous l'action de certains stimuli.

Données méristiques : D = 8-9 ; A = 15 ; D/A = + 12 à + 14 ; LL = 27-29 + 2.
caryotype : 12 chromosomes, tous télocentriques, ce qui correspond au nombre de loin le plus bas de toute la famille et isole encore davantage cette espèce.

Ecologie :

Le mode de vie écarte aussi Adamas formosus des autres Rivulinés, et le rapproche des Procatopodinés. Il manifeste une préférence pour les petites rivières ou les bords des grandes, dans lesquelles il semble occuper les zones de profondeur comprises entre 30 et 120 cm, au moins pendant la saison sèche, au cours de laquelle toutes les récoltes ont été effectuées. Mais la profondeur ne constitue pas pour lui une barrière, puisqu'il a été récolté dans les îles au milieu du grand fleuve Congo, au nord de Brazzaville. Il peut être récolté, également, dans les marigots marécageux qui jouxtent les fleuves du bassin du Congo; ces individus, plutôt jeunes, vivent en compagnie d'autres Rivulinés : Aphyoplatys duboisi, Epiplatys chevalieri, Epiplatys du groupe multifasciatus, Aphyosemion du groupe elegans, Aphyosemion splendidum. Les eaux sont souvent brunes, très douces (conductivité < 35 µS) et les températures moyennes comprises entre 22 et 26 °C en juillet-août.

Mise en évidence du « diamant », tache frontale d'éclat blanc bleuté.


Conclusion :

Une belle petite espèce, aux mœurs originales et attachantes, pour l'amateur confirmé et patient. Un banc d'une vingtaine de spécimens en aquarium ornemental est d'un effet saisissant. Toutefois, la difficulté de trouver cette espèce dans le commerce est grande !

Fiche de maintenance détaillée de Adamas formosus

Cohabitation et comportement :

Adamas formosus vit en banc de plusieurs dizaines à centaines d'individus à mi-eau, près des rives, mais non à la surface où son «diamant» le rendrait trop vulnérable. Il semble, mais cette observation demande confirmation, que le banc fonctionne surtout à la périphérie où des spécimens le contournent régulièrement ou essaient de le pénétrer pour assurer leur sécurité.

Adamas est un poisson très calme, sans agressivité intraspécifique ou interspécifique. Cependant, vu sa taille réduite, il ne faut pas l'associer à de grandes espèces agressives ou voraces.

Protocole d'élevage et reproduction Adamas formosus :

(D'après Montiel et Woeltjes in Killi Revue, fiche technique no 65, juin 1983). Curieusement, cette petite espèce est semi-annuelle, c'est-à-dire que les oeufs peuvent passer, ou non, par une série d'arrêts de développement ou diapauses. On a donc le choix entre deux méthodes de reproduction.

1- Récolter les œufs sur les substrats - mop, mousse de Java, mousse de Bogor, tourbe - et les faire incuber dans de l'eau à 23-25 °C ; ou encore enlever les parents et une bonne partie de l'eau pour n'en laisser qu'un à deux centimètres au-dessus du fond. L'incubation dure alors 14 à 16 jours à 23 °C. Il est préférable d'enlever les parents, plutôt que de rechercher les oeufs minuscules, ce qui est fastidieux. Le retrait des adultes est indispensable car ils se livrent au cannibalisme. Cette méthode à l'inconvénient d'entraîner des éclosions espacées avec pour conséquence un développement disparate des jeunes et le cannibalisme entre eux (jusqu'à 90 %, si en plus la nourriture est inadéquate).

2- Méthode propre aux annuels : la tourbe tamisée constitue le substrat de ponte ; elle est ensuite asséchée et mise en sachet plastique pendant 6 à 12 semaines, comme pour Fundulopanchax sjostedti (ex-Aphyosemion sjoestedti) ou Fundulopanchax batesii (ex-Aphyosemion splendidum), deux grandes espèces semi-annuelles. Lors de la mise en eau, choisir un aquarium assez vaste (60 x 50 cm, par exemple), mais peu haut (15 cm) ou peu rempli ; les éclosions sont alors rapides et moins espacées qu'avec la méthode «naturelle».

L'élevage des alevins est rendu difficile par leur petite taille ; pendant le premier mois, il faut les nourrir avec des infusoires et des Rotifères ; ensuite, les nauplius d'artémias et les larves de moustiques nouvellement écloses sont acceptées pendant 3 mois. La croissance est lente.

 

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