Aphyo des Lambert

Aphyosemion lamberti
Aphyosemion lamberti, Aphyo des Lambert

Classe : Actinopterygii
Ordre : Cyprinodontiformes
Famille : Nothobranchiidae
Genre : Aphyosemion
Espèce : lamberti
Nom commun : Aphyo des Lambert
Taille : 5 cm
Origine géographique : Gabon
Rareté : Rare

Description de Aphyosemion lamberti

Le nom de genre, Aphyosemion, signifie simplement « poisson » (littéralement sardine ou anchois) « portant une bannière ou un drapeau », et le nom d'espèce, lamberti, est dédié à Jacques Lambert, Roeselare, qui a décrit de nombreux Procatopodinés et André Lambert, Orléans, éditeur au Killi-Club de France.

Origine et aquariologie :

Le 26 octobre 1964, J. Lambert et J. Géry, découvrent ce poisson à 5 km de Booué, au Gabon central et, en 1967, le rapportent à Aphyosemion christyi Boulenger, espèce décrite d'une localité de l'extrême Nord-Est du Congo/Zaïre, à près de 2000 km de Booué. L'identité spécifique des spécimens de Booué n'a pu être établie que grâce à l'étude de spécimens vivants, rapportés de la même zone par Bochtler et Gaspers en 1976. Aphyosemion lamberti a été pêché à trois endroits différents.
- loc.10 : à 136 km au Nord-Ouest de Lastoursville, sur la route dite «économique», dans la région des Abeilles, bassin de l'Offooué, moyen Ogooué.
- loc.17 : à 6 km au Sud-Ouest de Lastoursville, sur la route de Koulamoutou, dans un petit ruisseau rapide se jetant 200 m en aval dans l'Ogooué.
- loc.16 : à 12 km au Sud de Bagadio, sur la route de Moanda à Lastoursville, dans un endroit stagnant.

Brosset a notablement élargi vers l'Est l'aire de répartition de cette espèce en le pêchant près d'Okondja en janvier 1980. Enfin, Hofmann et Pürzl ont effectué de nouvelles récoltes, en juillet 1980, autour de Lastoursville. Compte tenu de la variabilité caryotypique de lamberti, il est indispensable de tenir les différentes populations séparées.

L'aire de distribution est vaste pour un Aphyosemion, plus de 250 km séparant les localités les plus éloignées. Cependant, tous les lieux de capture sont situés dans le bassin du moyen Ogooué et l'on sait que lamberti est remplacé, à l'Est de collines de basse altitude près d'Etoumbi au Congo, par une autre espèce du même groupe, Aphyosemion chauchei.

La taille de cet Aphyo reste de 5 cm au maximum pour un mâle, la femelle demeure un peu plus petite. Le matériel typique ne dépasse pas 28 mm LS, mais après 9 mois de maintenance en aquarium, le spécimen déjà mature, choisi comme holotype, a atteint 34,5 mm LS (voir le même phénomène, considéré actuellement comme fréquent, dans fiche aquariologique Fundulopanchax marmoratus).

Le seul synonyme (cf. ci-avant) est Aphyosemion christyi Lambert et Géry, 1967, nec Boulenger, 1915.

Description :

Le mâle possède un caractère original au sein de la super-espèce elegans : toutes les nageoires impaires présentent des lignes rouges, certaines interrompues, parallèles aux rayons (patron dit flammé), des bandes marginales noires, mais pas de bande sub-marginale. Des points ou des taches rouges sont inscrits irrégulièrement sur le corps. Le patron le rapproche d'une seule espèce d'un autre groupe : Aphyosemion zygaima Huber, 1981, qui habite plus au Sud, dans le bassin du Niari au Congo méridional.

in situ, des variations ont pu être observées statistiquement : les spécimens de la loc. 10 sont plus flammés, ceux de la loc. 17 ont moins de points et moins de flammes, ceux de la loc. 16 ont plus de points et peu de flammes. Enfin, Aphyosemion lamberti est caractéristique de la phase bleue d'Aphyosemion ; son contretype géographique méridional, Aphyosemion rectogoense Radda et Huber, 1977 présente une phase jaune.

Position systématique :

Aphyosemion lamberti appartient au sous\-genre Aphyosemion sensu restricto (Huber, 1978), composé de formes de taille petite, au corps élancé, à la morphologie très semblable et présentant une caudale en lyre chez les vieux mâles. Dorsale courte (D = 8, A = 15, rapport D/A = +8 à +11 très élevé). Distribution : cuvette congolaise (Congo, ex\-Zaïre) et plateaux adjacents (Gabon, République Centrafricaine, Angola). Le sous-genre Aphyosemion ainsi défini regroupe des espèces isomorphes, appelées cryptiques, qui ne se distinguent les unes des autres que par le patron de coloration et le caryotype. Le patron de coloration, relativement stable pour les formes des plateaux, est très variable pour les formes de la cuvette, qui sont souvent mélangées. En conséquence, la systématique des formes des plateaux est relativement claire : lamberti, rectogoense au Gabon et chauchei, schioetzi au Congo occidental. Celle des formes de la cuvette est en revanche particulièrement ardue : deux phénotypes seulement sont bien établis : elegans (Boulenger, 1899) du lac Tumba, au Nord-Ouest de la cuvette, et congicum (ex-melanopteron) Goldstein et Ricco, 1970 du Kwango, Congo ex-Zaïre sud-occidental ; les autres phénotypes sont encore mal définis et il est difficile de placer correctement certaines populations intermédiaires, ce sont : christyi Boulenger, decorsei Pellegrin, cognatum Meinken et surtout lujae Boulenger qui n'a pas encore été retrouvé vivant. En outre, presque toutes ces formes sont séparées génétiquement, ce qui augmente encore la confusion. Les quatre premières formes citées ci-dessus sont également bien connues sur le plan génétique et lamberti est probablement celle qui possède le plus grand nombre de chromosomes haploïdes de tout le sous-genre (n = 18 A = 24) : c'est donc la plus ancienne au sens de Scheel.

Fiche de maintenance détaillée de Aphyosemion lamberti

Qualité de l'eau :

Aphyosemion lamberti n'a été trouvé que dans les tout petits marigots du Plateau intérieur du Gabon, à une altitude de 180 m (Booué) à 510 m (loc. 16). Il préfère les habitats de forêt dense, mais a été récolté aussi dans la petite zone de savane autour de Booué. L'eau, limpide, est relativement courante pour un Aphyosemion. Conditions physico-chimiques pour les 3 localités (dans l'ordre 10, 17, 16), en août 1976. température de l'air : 23, 25 et 25 °C. Température de l'eau : 23,2, 21,8 et 23,7 °C. Conductivité : 30, 57 et 24 µS. pH : voisin de 5. Dureté : inférieure à 1,2 DH (allemand).

Dans la localité no 16, Aphyosemion lamberti était très abondant, en raison probablement de l'absence d'autres espèces concurrentes (seul un spécimen de Barbus a été récolté). En loc. 10, un fossé de forêt, il a été pêché en compagnie de Hemichromis fasciatus (jeune), de Clarias sp. et de nombreuses grenouilles Xenopus fraseri.

Cohabitation et comportement :

intraspécifique : Excellent. Dans la nature, Aphyosemion lamberti, comme les autres représentants du groupe, vit en troupes de quinze à vingt individus formés d'un mâle mâture, rarement deux, grand et brillamment coloré, de plusieurs mâles sub\-adultes, dont les gonades ne sont probablement pas développées, d'une demi-douzaine de femelles et d'alevins de tailles variables. Chaque troupe habite un recoin ou un méandre du marigot et ne semble pas en relation avec ses voisins. Cependant, si le biotope se présente sous la forme d'une mare, les troupes sont plus difficiles à différencier, car seuls les alevins sont en zone ouverte et les grands adultes sont cachés parmi les feuilles ou «collés» à la vase (il faut en effet racler l'épuisette contre le substrat pour espérer en pêcher). Le comportement en captivité est voisin, mais comme la hauteur d'eau est plus grande (25-30 cm le plus souvent, au lieu de 3-10 cm dans la nature), les poissons sont bien visibles. Aucune bataille sérieuse n'est relevée entre les mâles.

interspécifique : Bon avec d'autres killies ou de petits poissons. Plûtôt timide.

Protocole d'élevage et reproduction Aphyosemion lamberti :

Plutôt facile. Comme les autres éléments de la superespèce elegans, Aphyosemion lamberti n'a pas été largement distribué pour les trois raisons essentielles suivantes.

1 - Les oeufs sont petits (moins d'un millimètre de diamètre) et fragiles par rapport à ceux des autres Aphyosemion. Il est préférable de ne les manipuler qu'après un début de développement embryonnaire et seulement avec les doigts.
2 - La croissance est lente, ce qui semble un caractère général des Rivulinés du Gabon.
3 - La proportion des sexes (mâle/femelle) est parfois très déséquilibrée. Citons l'expérience de W. Wachters, éleveur belge, qui, sur une récolte de 750 oeufs, a obtenu plusieurs centaines d'alevins qui ont tous évolué en mâles. Le processus se rencontre chez tous les Aphyosemion, mais plus fréquemment dans la super-espèce elegans.

Compte tenu de la beauté de ce poisson, l'aquariophile tient à juste titre à le posséder. De bons résultats sont obtenus si le couple ou mieux la troupe définie plus haut, sont maintenus dans un aquarium où les cachettes abondent et où la profondeur est faible (10-15 cm si possible). Le poisson supporte bien la lumière, ce qui est un avantage pour un Aphyosemion, mais très mal une température élevée, soit supérieure à 25 °C, pendant longtemps. A. Lambert, l'un des dédicataires de l'espèce qui l'a élevée et reproduite le premier, insiste sur la nécessité de la propreté et de la limpidité de l'eau, et d'un régime très varié, le cœur de boeuf constituant un très bon appoint. Aphyosemion lamberti est un pondeur sur substrat - mop flottant ou de fond, mousse de Java, tourbe fibreuse, etc - qui peut être très prolifique s'il est convenablement nourri. Les oeufs, pondus de manière éparse, éclosent au bout de 14 à 21 jours, selon la température et le milieu d'incubation - la tourbe humide semble préférable à l'eau si le killiphile débute son expérience. La distinction entre sexes se manifeste au bout de 2 mois, mais les poissons ne se reproduiront de manière régulière et fertile que bien longtemps après; la patience sera largement récompensée.

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