Ameca brillante

Ameca splendens
Ameca splendens, Ameca brillante
Classe : Actinopterygii
Ordre : Cyprinodontiformes
Famille : Goodeidae
Genre : Ameca
Espèce : splendens
Nom commun : Ameca brillante
Taille : 8 à 12 cm
Origine géographique : Mexique
Rareté : Très rare

Description de Ameca splendens

Le nom de genre, Ameca, est issu du nom du Rio Ameca où vivent des représentants du genre. Nom féminin! De fait, le nom d'espèce, splendens signifie « brillante ».

L'origine géographique est précise : Rio Teuchitlan et Rio Ameca, sur le versant pacifique du Mexique central (Etat de Jalisco). Récolté pour la première fois le 13 février 1949 par A.A. Alcorn. La localité-type est Rio Teuchitlan (25 mars 1955).

C'est une grande espèce de Goodéidés, pouvant atteindre 90 mm LS dans la nature; matures de 45 à 70 mm, les femelles sont un peu plus grandes que les mâles en moyenne (58,1/62,9 mm).

aquariologie : (d'après Miller et Fitzsimons, 1971 et Fitzsimons, 1972).

Caractères de la famille :

Les Goodéidés sont limités au Mexique ; ils se sont vraisemblablement différenciés sur place et diversifiés, à la faveur d'une radiation adaptative, dans une région caractérisée par la rareté ou l'absence de poissons dulcicoles primaires. Ils abondent dans le bassin du Rio Lerma, sur les hautes terres fraîches du Mexique occidental, principalement entre 915 et 2130 m, où le seul autre Cyprinodontoïde est le Poecilidé Poeciliopsis infans Woolman. Dans la même région, les Athérinidés du genre Chirostoma Swainson ont connu une évolution parallèle.

Ce sont des Poissons de petite taille (pas plus de 75 - 100 mm), bien que les représentants des genres Goodea Jordan et Alloophorus Hubbs et Turner puissent atteindre 200 mm. Ils peuplent des biotopes très variés et leur corps présente souvent des adaptations en fonction de l'habitat. On rencontre de même, tous les types de régimes alimentaires : filtreurs (Goodea), carnivores (Alloophorus), herbivores (Ameca) ou omnivores (Xenotoca, de carnivore à herbivore strict, selon les stations).

Le caractère commun à toute la famille concerne le mode de reproduction : fécondation interne et viviparité avec développement, chez l'embryon, de Trophotaeniae, formations uniques chez les poissons !!!

Les 6 ou 7 premiers rayons de l'anale du mâle sont serrés et raccourcis, souvent séparés du reste de la nageoire par une échancrure. Cette formation, décrite comme un « gonopode », joue sans doute un rôle dans l'insémination, quoique cette fonction n'ait pas été démontrée et que l'assimilation au gonopode des Poecilidés soit très hasardeuse. Il existe, en outre, un court conduit, hautement muscularisé, réunissant les spermiductes à l'orifice génital, nommé « pseudophallus ». Son rôle, supposé seulement, consisterait soit à expulser le sperme avec force, soit à s'évaginer et à s'appliquer contre l'orifice génital de la femelle ou à pénétrer dans celui-ci. Les mâles ne produisent pas de spermatophores comme chez les Poecilidés. Le sperme n'est pas stocké par la femelle, comme chez ces derniers, et une insémination doit suivre chaque parturition. Les femelles ont un seul ovaire, résultant de l'accolement de gonades paires, dont les parois en contact constituent le septum médian.

Les oeufs sont très petits et le vitellus, très peu abondant, est consommé précocement. A ce moment, les embryons sont expulsés dans la cavité de l'ovaire où ils demeurent plusieurs semaines. Ils sont reliés à l'organisme maternel par les trophotaeniae, sauf chez Ataeniobius, considéré, par la plupart des auteurs, comme le genre le plus primitif. Il s'agit d'expansions transitoires, en forme de rosettes ou de rubans, issues de la région rectale de l'embryon et des néonates, qui sont impliquées dans les processus de nutrition et de respiration. Elles tombent dans les heures qui suivent la naissance.

La classification, proposée par Hubbs et Turner (1939), met principalement l'accent sur la structure de l'ovaire et des trophotaeniae, mais le caractère naturel des divisions ainsi établies n'est pas définitivement prouvé, d'autant que les critères invoqués sont considérés aujourd'hui comme trop variables pour étayer la phylogénie. Des 4 sous-familles reconnues, deux (Ataeniobiinae, Characodontinae) sont monospécifiques et leurs représentants sont les plus éloignés géographiquement du centre d'abondance de la famille; les deux autres (Goodeinae, Girardinichthyinae) se partagent une quinzaine de genres et près de 35 espèces dont trois au moins ont été introduites auprès des amateurs européens. La localisation sous-familiale de certains genres, Ameca et Allodontichthys, par exemple, demeure incertaine.

Caractères du genre et de l'espèce :

Grande espèce, à dents externes bifides à tout âge (dents internes simples chez les néonates) ; une large bordure jaune à la caudale du mâle ; 30-36 (27-38) branchiospines, 8 (7-9) pores préoperculaires ; 35-38 vertèbres ; 5 rayons branchiostèges ; courbe d'hémoglobine caractéristique ; 2 N = 26 chromosomes ; 4 (2-5) trophotaeniae rubannées, attachées sur les deux tiers postérieurs du septum ovarien qui sont très fortement vascularisés et sont le siège d'échanges entre la femelle et les embryons.



Ce genre monotypique est bien distinct des autres genres de la famille, dans leur définition actuelle au moins. Son caryotype (26) l'écarte de la majorité des Goodéidés (environ 70 %) qui ont 48 chromosomes (nombre de base des Téléostéens) ; parmi les autres exceptions, citons Characodon (24), Allotoca (26), Zoogoneticus (28), Alloophorus (30) et Chapalichthys (36). Les tentatives d'hybridation avec Xenotoca et Xenoophorus ont échoué.

Le dimorphisme sexuel s'exprime dans les dimensions des nageoires (plus grandes chez le mâle), la hauteur du corps (plus haut chez le mâle), la distance entre l'origine de l'anale et la base de la caudale (plus grande chez le mâle), la longueur du pédoncule caudal (plus long chez le mâle) et, surtout chez les spécimens matures, par la coloration brillante du mâle (caudale, reflets métalliques bleus des flancs), les femelles étant beaucoup plus ternes. Les jeunes sont caractérisés par un patron tacheté, avec un gros point sombre à la base de la caudale.

Fiche de maintenance détaillée de Ameca splendens

Qualité de l'eau :

Maintenir les poissons dans un bac de 100 litres d'un mélange à 10 % d'eau de mer ; un pH voisin de 7 (6,6-7,2) convient ; la filtration se fait sur perlon et la température est de 25 °C. Cependant, Ameca splendens semble bien supporter des températures plus hautes (jusqu'à 29 °C dans la nature), alors qu'une eau plus fraîche provoque l'apparition d'ichthyophthirius. Décor fait en pierre calcaire pour obtenir une dureté de l'eau assez élevée; pas de plantes autres que des Potamogeton, Eichhornia, Ceratophyllum dans la nature.

Cohabitation et comportement :

Relations intraspécifiques :

Les femelles cohabitent facilement entre elles, mais il n'en est pas de même des mâles qui peuvent se battre à mort. adulte, le mâle se différencie très nettement par sa robe : écailles aux reflets plus soutenus, mais surtout nageoire caudale comportant deux lisérés verticaux, le proximal noir velours, le subapical jaune brillant. Un seul mâle dominant présentera tous ces caractères dans un bac d'Ameca splendens, les autres se contentant d'une bande grise, à peine visible, sur la caudale. Aussi, pendant longtemps, on peut croire ne posséder que 2 mâles. Dès qu'un mâle Ameca est sexué, il est surtout reconnaissable au liséré noirâtre de la caudale, l'organe copulateur n'étant pas encore suffisamment développé; Pour la reproduction, le placer alors dans un petit bac avec une femelle et la bande jaune vif apparaît en moins d'une semaine.

Relations interspécifiques :

La cohabitation avec des Xiphophorus, des Poecilia ou des Xenotoca est possible, sauf s'il s'agit de spécimens brillamment colorés (guppies mâles, xiphos rouges), ceux-ci étant tués très rapidement ; il semble aussi qu'il faille faire très attention à la qualité de l'eau et à son renouvellement, et qu'Ameca splendens ne puisse être placée dans un bac décoratif tel que le conçoivent beaucoup d'aquariophiles.

Alimentation et nourriture :

Nourri de proies vivantes, Ameca splendens se résigne difficilement aux nourritures en flocons, mais l'élevage des jeunes ne pose aucun problème et leur croissance est assez rapide. A tendances herbivores dans la nature, l'adjonction de végétaux dans le régime est recommandée (algues, Epinards, Salade, flocons à base végétale, etc.). Le long intestin enroulé et l'absence d'estomac différencié évoquent en effet un régime herbivore ; l'étude du contenu intestinal nous révèle une prédominance de diatomées et d'Algues filamenteuses auxquelles s'ajoutent, en petites quantités, des larves de Moustiques, des copépodes et des Oligochètes. En captivité, cependant, l'espèce se montre friande d'artémias, de daphnies, de Vers et de petits insectes. Elle serait, en définitive, omnivore, capable de s'adapter aux ressources du biotope.

Protocole d'élevage et reproduction Ameca splendens :

Les poissons sont matures à l'âge de quatre à huit mois. La maturité sexuelle est atteinte en 4 mois si les animaux sont bien nourris et disposent d'un grand bac. Placé dans un bac de 20 litres, un couple peut effectuer sa première parturition en quelques semaines. A ce stade, le nombre d'alevins obtenus est très faible : de 5 à 12 alevins d'une dizaine de mm. Lorsque le couple reproducteur atteint sa taille adulte (7 cm environ), le nombre d'alevins augmente jusqu’à 15-20.

Les « pontes » sont espacées de 2 mois environ (44-78 jours, moyenne 54, selon Miller et Fitzsimons), et sont prévisibles ! En effet, l'abdomen de la femelle est dilaté, à en éclater, pendant les 2 dernières semaines environ. Le déroulement de la délivrance est difficile à suivre, car les naissances sont très espacées et s'étalent sur une demi-journée.

Vu leur taille à la naissance, les jeunes ne sont pas pourchassés par les parents et devraient pouvoir rester avec eux, si l'on dispose de suffisamment de place. Rappelons que, selon Miller et Fitzsimons, le nombre de jeunes par portée est de 1 à 17 (7 en moyenne) et leur longueur à la naissance de 11 à 17 mm (14 mm en moyenne), dans les conditions de la vie en aquarium qui sont loin d'être optimales.




Les Trophotaeniae ont été reconnues à la naissance par divers observateurs, alors que d'autres (R. Brewer, par exemple) n'ont pu constater leur existence. Ces formations sont en effet de longueurs variables ; elles atteignent leur développement maximum chez les embryons à la moitié de leur croissance et peuvent être très réduites lors de la venue au monde.

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